La Société Amicale des Originaires de l'Afrique Équatoriale Française (Société Amicale des Originaires de l'A.E.F.) était un mouvement social et politique anticolonial actif en Afrique-Équatoriale française (A.E.F.). Elle fut fondée à Paris en 1926 par André Matswa (également orthographié Matsoua). Ses membres et sympathisants étaient appelés les matswanistes (ou matsouanistes).
Origines et objectifs
À l'origine, l'association se consacrait à des activités d'entraide entre Africains vivant à Paris. Elle évolua rapidement en un mouvement politique qui revendiquait l'octroi de la citoyenneté française à tous les habitants de l'A.E.F. Le mouvement gagna des adeptes à Bangui et Libreville, puis s'imposa au Moyen-Congo, en particulier dans la région natale de Matswa, le Bas-Congo. En 1929, il comptait environ 13 000 membres.
Actions et répression
En 1928, l'association adressa deux lettres de protestation au gouvernement français, dénonçant la stagnation économique de l'A.E.F. (comparée au Congo belge) et le régime juridique discriminatoire appliqué aux populations indigènes. En 1930, Matswa envoya deux émissaires en A.E.F. pour une tournée de collecte de fonds, qui rapporta environ 100 000 francs français en quelques semaines, destinés au rachat de terres pour les populations africaines.
Le gouverneur général français, jugeant l'influence de Matswa critique, ordonna l'arrestation de ses émissaires. Matswa lui-même fut arrêté à Paris, déporté à Brazzaville, puis condamné pour sédition et fraude à trois ans de prison, incarcéré au Tchad. Sa condamnation provoqua des manifestations de masse à Brazzaville.
Après l'emprisonnement de Matswa
L'organisation poursuivit ses activités de manière semi-clandestine. Dans les années 1930, les matswanistes pratiquèrent la résistance passive : refus d'impôts, opposition aux caisses d'épargne imposées par les autorités coloniales, et refus des recensements de population et de bétail.
Matswa fut de nouveau arrêté en avril 1941, accusé de propagande pro-allemande, et mourut en captivité en 1942. Dans l'attente du retour de son leader, le mouvement prit une tournure quasi religieuse et messianique, se retirant de la vie publique pour se constituer en communauté religieuse fermée et soudée.